Modification du Lévothyrox. Le pourquoi, les conséquences … par Christian L.

Ce matin, en me baladant (oui oui je me balade) sur Twitter, je suis tombée sur un thread que j’ai trouvé extrêmement intéressant. 

Écrit par Christian Lehmann (@LehmannDrC), docteur généraliste, ces tweets expliquent ce qu’est la thyroïde, son fonctionnement. Christian traite également du changement de formule du Levothyrox qui inquiète beaucoup les malades depuis plusieurs semaines. 

Grace à sa façon simple et imagée de décrire les choses, on y voit beaucoup plus clair sur tout ça.

Je vous laisse découvrir son thread que j’ai transposé ici sous forme de texte. 

 

La thyroïde c’est quoi ?

La thyroïde est une glande située sur la face antérieure du cou. C’est une glande endocrine, ça veut dire qu’elle sécrète des hormones dans le sang à la différence d’une glande exocrine qui secrète sur la peau et sudoripare qui secrète la sueur par exemple. 

Ce qu’il faut bien piger, c’est que la thyroïde est une thermostat. Ouais, mec, un putain de thermostat.

Si elle s’emballe dans l’hyperthyroïdie, ton métabolisme accélère, t’es en mode hyper, Sonic sous acide : tu transpires, t’es tout fébrile, t’as chaud, ton coeur bat vite, t’as tendance à la diarrhée, t’es facilement à cran, tu maigris. Tu te consumes, quoi.

 

 

Si ta thyroïde ralentit, c’est l’hypothyroïdie, tu te met en mode ralenti, tu avances à la vitesse d’un personnage secondaire allant de Kings Landing à Winterfell dans les premières saisons de Game of Thrones. Et c’est winter is coming. T’as froid, tu grossis, t’es constipé, ton coeur bat lentement, t’es mou, tu peux te sentir tout triste, tout ratatiné. 

 

 

La thyroïde secrète des hormones thyroïdiennes, donc, mais elle ne fait pas ça toute seule sans surveillance. Dans ton crâne, derrière tes yeux, au milieu il y a une petite glande appelée hypophyse qui gère ça en maitre d’orchestre, qui analyse combien il y a d’hormones thyroïdienne dans le sang. Dans le cas où la production faiblit (feignasses gauchistes de cellules thyroïdiennes !!!), l’hypophyse secrète la de la TSH (Hormone de Stimulation de la Thyroïde) pour stimuler la thyroïde.
Donc s’il y a suffisamment d’hormone thyroïdienne la TSH va rester basse, s’il en manque la TSH va s’élever parce que l’hypophyse va lancer un ultimatum à la thyroïde : « bouge toi le cul, connasse ».

 

Les hormones thyroïdiennes de synthèse 

Il y a plein de situations dans lesquels on est amené à donner des hormones thyroïdiennes de synthèse, on appelle ça un traitement substitutif parce que le médicament se substitue à la thyroïde. Ça peut être parce que la thyroïde ne fonctionne pas, ouh la ruse !! Ça peut être pour la mettre en sommeil parce qu’elle déconne.
En donnant de l’hormone médicamenteuse, on trompe l’hypophyse qui se dit « oula vindiou, il y a de l’hormone thyroïdienne plus qu’il n’en faut, j’arrête immédiatement de stimuler la thyroïde ! » La TSH est alors basse voir effondrée, parce que l’hypophyse tant que le taux d’hormone thyroïdienne médicamenteuse est élevé, va stopper la stimulation.

Le problème des hormones thyroïdiennes de synthèse c’est que la dose est parfois compliquée à déterminer, différente chez chaque patient.

On arrive donc à la dose optimale par tâtonnement.
Et pour bien faire c’est un des rares médicaments où utiliser un générique peut poser de gros problèmes parce que la biodisponibilité va varier d’une marque à l’autre.
Peut-être que chez M. Lambda, 125 mcg  de levothyroxine Dugland vont filer 120 mcg dans le sang , mais s’il change de pharmacie et de générique, peut-être que 125 mcg de levothyroxine vont seulement libérer 110 mcg d’hormone dans le sang. Et pour le levothyroxine ces variations apparemment minimes peuvent avoir de grosses conséquences, très mal vécues par les patients. Pourquoi ? PARCE QUE C’EST UN THERMOSTAT, IDIOT !! Et que quand tu joue avec le thermostat, ça fait le yoyo et t’es vraiment mal.

 

 

Donc les hormones thyroïdiennes c’est un des rare médocs où on dit aux gens : « une fois que vous avez trouvé la dose optimale de votre hormone thyroïdienne évitez de changer de marque ». Et on dose la TSH régulièrement, et souvent si tout va bien, elle est très basse, effondrée parfois, parce que l’hypophyse n’a aucune raison de stimuler la thyroïde.

 

Changement de formulation du Levothyrox

Ce qui s’est passé récemment, c’est que l’ANSM, l’agence du médicament, a demandé au laboratoire Merck qui commercialise Levothyrox de modifier un des excipients du comprime, le lactose.
Pourquoi ? Parce qu’ils se sont aperçus que d’un lot de médicament à un autre, ou bien dans la même boite, dans le temps, la biodisponibilité de l’hormone peut varier.

Je m’explique : tu achète ta boite de 90 comprimés pour trois mois. Au début chaque comprimé de 125 mcg te délivre à peu près 125 mcg dans le sang mais avec le temps, le vieillissement des comprimés, peut-être que sur les 10 derniers tu n’as plus que 110 mcg délivrés à chaque prise.

Donc ce n’est pas un complot maléfique des reptiliens illuminati vaccinateurs du grand remplacement de Big Pharma, c’est une demande de l’agence du médicament dans le but de garantir aux patients une meilleure qualité du produit

 

 

Tout ce qu’ils ont fait c’est changer un des composants neutre du comprimé, le lactose, par le mannitol.

Manque de pot comme d’habitude en France, aucune explication aux patients, une information technocratique aux docteurs, perdue dans la masse, pas claire (genre : « on a changé un truc, vous ferez doser la TSH de vos patients dans trois mois, ciao »).

Donc ce qui s’est passé c’est que sur un très grand nombre de patients sous Levothyrox, certains ont ressenti des effets néfastes au changement de formule, because c’est un thermostat, remember ? Comme c’est une thermostat, chacun peut avoir des troubles très différents et pas forcément très spécifiques : je suis crevé, j’ai mal au bide, j’ai chaud, je perds du poids, j’ai les jambes faibles, etc, etc, etc …

On a maintenant en l’absence de toute calamité infectieuse, en l’absence de tout risque majeur, l’ébauche d’une magnifique shitstorm. 

Une information de médiocre qualité. Pas une prise de conscience en amont.

Une modification de formule justifiée mais pas expliquée.

Des patients (pas tous) qui découvrent soudain que leur sensation de malaise récent et peut-être liée à cette modification de formule et ont l’impression d’être la dernière roue du carrosse, surtout s’ils ont à un moment ou un autre eu pour toutes réponses à leurs interrogations : « circulez, y’a rien à voir c’est dans votre tête ». 

 

 

Des soignants pas ou mal informés. Une agence qui n’imaginait pas les conséquences du changement de formule. Un labo qui dit : « nous on a juste fait comme nous ont demandé les autorités, merde ! »
Des journalistes, dont beaucoup hélas ont la culture scientifique d’un conseiller de Donald Trump. Saupoudrez la dessus quelques assos de patients mal barrées sonnant le tocsin et balançant à la presse des trucs invraisemblables, pas vérifiés, ce qui fait naitre la panique. 

On est bien là dans un énième foirage de santé publique dont on aurait pu faire l’économie avec un peu de cette démocratie sanitaire dont on nous rabat les oreilles depuis des années mais qui sert essentiellement à filer des postes bien payés à des nuisibles bourrés de conflits d’intérêts mais ceci est une autre histoire. 

Pour résumer : c’est pas un complot, juste de l’incompétence. Et le problème c’est que la thyroïde c’est un putain de thermostat. 

Voilà.

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3 Commentaires

  1. PIERRE PASQUET
    31 août 2017 / 20 h 17 min

    D »accord avec vous mais alors pourquoi je n’avais pas trop de problème avec l’ancienne formule (juste des douleurs musculaires dans le haut du dos et les épaules) et maintenant ,en plus j’ai des vertiges,grosse fatigue ,ma tension est descendue a 11 alors que je suis hypertendu.Je prend Levothyrox 225
    Je voudrais savoir
    Cordialement
    Pierre Pasquet

  2. 1 septembre 2017 / 6 h 37 min

    Pour moi, rien de nouveau!
    Le pharmacien m’avait prévenue depuis le mois de mars, il a écoulé son stock de l’ancienne formule en avril, et j’ai commencé le dosage à 75 en mai, le dosage à 100 en août (j’en prend 2/semaine donc une boîte dure 15 semaines).
    Aucun symptôme, aucun changement non plus! J’ai toujours aussi froid!
    Mes collègues qui sont aussi sous lévothyrox n’ont pas remarqué de changement non plus.
    On verra ce que donnera la prochaine PDS!

  3. zig
    1 septembre 2017 / 10 h 03 min

    la thyroïde est une glande endocrine. Pas endoctrine ….

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